Souvent qualifiés de « chiens dangereux », les chiens de catégorie 1 et 2 souffrent d’une réputation sulfureuse. Mais sont-ils réellement plus dangereux que les autres races ?

En France, la législation distingue deux catégories de chiens dits « dangereux » :
- Catégorie 1 : chiens d’attaque (type Pitbull, Boerbull, Mastiff), interdits à la vente ou à l’importation.
- Catégorie 2 : chiens de garde ou de défense (Rottweiler, Tosa, Staffordshire terrier), dont la détention est autorisée mais strictement encadrée.
On leur reproche d’être « plus mordeurs » que les autres races. Mais qu’en est-il vraiment ?
Les chiffres des morsures
Selon l’ANSES (2016), les chiens de catégories 1 et 2 représentent environ 20 % des morsures graves. Ils sont donc surreprésentés par rapport à leur faible nombre en France.
Mais attention : la majorité des morsures proviennent de chiens non catégorisés (Labradors, Bergers allemands, Bouledogues…), simplement parce qu’ils sont bien plus nombreux.
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Une réputation amplifiée par les médias
Les morsures de chiens catégorisés font plus souvent la une des journaux, ce qui alimente la peur. Pourtant, les spécialistes rappellent que :
- La race n’explique pas tout.
- Les morsures mineures ne sont pas toujours déclarées.
- La morphologie de ces chiens (mâchoires puissantes, gabarit) rend leurs morsures plus graves, ce qui biaise la perception.
Les vrais facteurs d’agressivité
Ce qui détermine le comportement d’un chien, ce n’est pas sa catégorie mais :
- Son éducation et sa socialisation dès le plus jeune âge.
- Le contexte : peur, douleur, stress, provocation.
- Le comportement du maître : négligence, encouragement à l’agressivité, manque de règles.
- La santé du chien : certaines maladies peuvent provoquer irritabilité ou comportements imprévisibles.
Un risque réel, mais contrôlable
Il est indéniable que par leur puissance, les chiens de catégorie 1 et 2 peuvent causer des morsures plus graves.
Mais avec :
- Une éducation adaptée.
- Une socialisation précoce.
- Le respect strict de la loi (permis, muselière, déclaration en mairie).
Ces chiens peuvent être équilibrés, sociables et parfaitement intégrés dans une famille.
Une stigmatisation injuste
Assimiler ces chiens à des « bêtes dangereuses » entretient un cercle vicieux :
- Propriétaires jugés ou marginalisés.
- Peur et rejet dans l’espace public.
- Risque d’abandons ou d’éducation ratée, ce qui accroît les problèmes.
Les vétérinaires comportementalistes insistent : chaque chien est un individu. L’agressivité n’est jamais une fatalité liée à la race.
Plutôt que de stigmatiser certaines races, les experts plaident pour une prévention basée sur la formation des propriétaires, la socialisation précoce et le suivi vétérinaire.
C’est la responsabilité humaine qui doit être au cœur du débat, plus que la morphologie du chien.
Attention à ne pas faire d’amalgame
Dire que les chiens de catégorie 1 et 2 sont « plus mordeurs » est une idée simpliste. Oui, leurs morsures peuvent être plus graves, mais l’éducation, le contexte et le maître restent les déterminants majeurs du comportement.
Et vous, pensez-vous que la loi française stigmatise injustement ces chiens ? Donnez votre avis en commentaires.
