Trilorale est un médicament vétérinaire du laboratoire Axience, à base de trilostane, utilisé pour traiter la maladie de Cushing (hypercorticisme) chez le chien. C’est la première forme liquide de trilostane : une suspension buvable que l’on donne avec une seringue graduée, pendant le repas. Elle existe en deux concentrations (10 mg/mL pour les petits chiens, 50 mg/mL pour les plus grands), ce qui permet au vétérinaire d’ajuster la dose au milligramme près. Trilorale est délivré uniquement sur ordonnance et impose un suivi régulier par prise de sang et test de stimulation à l’ACTH. Bien conduit, le traitement fait disparaître en quelques semaines la soif et les envies d’uriner excessives, puis redonne au chien âgé son énergie, sa musculature et son pelage. Zepetcoach vous dit tout sur Trilorale !
Fiche d’identité de Trilorale
- Laboratoire : Axience
- Principe actif : trilostane
- Rayon : hormonologie
- Forme : suspension buvable (liquide par voie orale)
- Espèce cible : chien
- Délivrance : sur ordonnance vétérinaire uniquement
- Indication : hypercorticisme d’origine hypophysaire (maladie de Cushing) ou surrénalienne (syndrome de Cushing surrénalien)
Maladie de Cushing chez le chien : les symptômes qui doivent alerter
Le syndrome de Cushing, ou hypercorticisme, survient lorsque les glandes surrénales produisent trop de cortisol. Dans environ 85 % des cas, la cause est une petite tumeur de l’hypophyse qui stimule les surrénales en excès ; on parle alors de maladie de Cushing. Plus rarement, c’est une tumeur de la glande surrénale elle-même qui est en cause.
La maladie touche surtout les chiens de plus de huit ans et s’installe progressivement, si bien que beaucoup de propriétaires mettent ses premiers signes sur le compte de l’âge. Les symptômes du Cushing chez le chien les plus fréquents sont une soif intense et des urines abondantes (polyuro-polydipsie), un appétit qui devient insatiable, un ventre gonflé et tombant, une fonte musculaire, un essoufflement au repos, ainsi qu’une perte de poils symétrique sur les flancs avec une peau fine et des infections cutanées à répétition. Si votre chien boit nettement plus qu’avant ou se met à uriner dans la maison, une consultation s’impose : le diagnostic repose sur des analyses sanguines et urinaires, des tests hormonaux et souvent une échographie abdominale.
Comment agit le trilostane, principe actif de Trilorale ?
Le trilostane bloque de façon sélective et réversible une enzyme des glandes surrénales (la 3 bêta-hydroxystéroïde déshydrogénase) indispensable à la fabrication du cortisol. En freinant cette production, il fait baisser le taux de cortisol dans le sang et supprime les effets de son excès sur l’organisme. Il agit aussi, dans une moindre mesure, sur la production d’aldostérone, l’hormone qui régule le sodium et le potassium. Il n’a pas d’effet direct sur le cerveau ni sur le cœur.
Le trilostane ne guérit pas la maladie de Cushing, puisqu’il ne supprime pas la tumeur à son origine : il la contrôle. Le traitement se poursuit donc à vie, à la manière d’un traitement contre le diabète ou l’hypothyroïdie. En contrepartie, les bénéfices sont souvent spectaculaires et l’on parle volontiers de « seconde vie » pour ces chiens âgés : la soif et les urines reviennent à la normale en quelques semaines, l’appétit se régule, puis le poil repousse et la masse musculaire se reconstitue en quelques mois.
Trilorale ou gélules de trilostane : pourquoi choisir la forme liquide ?
Jusqu’à l’arrivée de Trilorale, le trilostane n’existait qu’en gélules à dosage fixe. Pour un petit chien ou pour un ajustement fin de la dose, le vétérinaire devait parfois faire préparer des gélules sur mesure ou arrondir la posologie. La suspension buvable Trilorale lève cette contrainte : la dose se mesure en millilitres à la seringue et peut être modifiée par petits paliers, sans changer de produit.
Pour le propriétaire, la forme liquide présente aussi un avantage pratique. Pas de gélule à faire avaler ni à cacher dans une boulette de viande : la suspension se dépose directement sur la ration ou dans la gueule du chien au moment du repas. C’est un vrai confort pour les chiens difficiles ou ceux qui recrachent les comprimés.
Posologie de Trilorale : comment donner le traitement à son chien
La dose est toujours fixée par le vétérinaire, selon le poids du chien et sa réponse au traitement. Selon le résumé des caractéristiques du produit (RCP), la dose de départ est d’environ 2 mg de trilostane par kilo, une fois par jour. Elle est ensuite ajustée progressivement, en recherchant toujours la plus petite dose qui contrôle les symptômes. Si les signes réapparaissent avant la prise suivante, le vétérinaire peut augmenter la dose quotidienne et la répartir en deux prises, matin et soir.
La concentration 10 mg/mL s’utilise pour les doses jusqu’à 2 mg/kg ; au-delà, le vétérinaire prescrit la concentration 50 mg/mL. Chaque flacon est fourni avec sa propre seringue graduée : n’utilisez jamais la seringue d’un flacon pour l’autre concentration, l’erreur de dosage serait d’un facteur cinq.
Trois règles simples garantissent l’efficacité du traitement. Donnez Trilorale pendant le repas, car l’alimentation améliore nettement son absorption. Agitez le flacon avant chaque utilisation. Respectez des horaires réguliers et ne modifiez jamais la dose de vous-même, même si votre chien semble aller mieux.
Suivi du traitement : test ACTH et prises de sang
Le suivi biologique est indispensable avec Trilorale. Il permet de vérifier que le cortisol est suffisamment abaissé, sans l’être trop, car un excès de traitement peut provoquer l’inverse de la maladie de Cushing : une insuffisance surrénalienne, aussi appelée maladie d’Addison iatrogène.
Le contrôle repose sur un test de stimulation à l’ACTH, réalisé quelques heures après la prise du médicament, associé à un bilan sanguin (notamment les électrolytes sodium et potassium). Les contrôles sont rapprochés au début du traitement puis espacés une fois la dose stabilisée, selon un calendrier défini par le vétérinaire. Le jour du contrôle, demandez à votre vétérinaire à quelle heure donner le médicament et le repas : cet horaire conditionne l’interprétation du test.
Effets secondaires de Trilorale et signes de surdosage
La plupart des chiens tolèrent bien le trilostane. Les effets indésirables les plus courants sont liés à une baisse trop importante du cortisol : fatigue inhabituelle, perte d’appétit, vomissements, diarrhée. Au tout début du traitement, la régression des symptômes du Cushing peut aussi révéler des douleurs articulaires ou des problèmes de peau jusque-là masqués par l’excès de cortisol.
En cas de surdosage, ces signes s’aggravent et peuvent aller jusqu’à un état de choc (abattement marqué, faiblesse, troubles cardiaques). Il n’existe pas d’antidote spécifique au trilostane. Si votre chien devient apathique, refuse de manger, vomit ou a la diarrhée, arrêtez le traitement et contactez votre vétérinaire sans attendre : la prise en charge repose sur l’arrêt du médicament et un traitement de soutien (corticoïdes, correction des électrolytes, perfusion). Dans la grande majorité des cas, l’insuffisance surrénalienne provoquée est rapidement réversible, et le traitement peut ensuite être repris à dose réduite.
Contre-indications et précautions
Trilorale ne doit pas être donné à un chien atteint d’insuffisance rénale ou hépatique primitive, ni à une chienne gestante, allaitante ou destinée à la reproduction. Signalez à votre vétérinaire tous les médicaments que prend votre chien : l’association avec certains traitements cardiaques (inhibiteurs de l’enzyme de conversion, comme le bénazépril) ou des diurétiques épargneurs de potassium augmente le risque d’hyperkaliémie, c’est-à-dire d’excès de potassium dans le sang.
Les personnes enceintes ou souhaitant le devenir doivent éviter tout contact avec le produit et porter des gants lors de l’administration. Lavez-vous les mains après chaque utilisation.
Présentations et prix de Trilorale
Trilorale est disponible en trois présentations : Trilorale 10 mg/mL en flacon de 30 mL, pensé pour les petits chiens ; Trilorale 50 mg/mL en flacons de 10 mL et de 25 mL, pour les chiens de taille moyenne et grande. Chaque flacon est accompagné de sa seringue doseuse.
Le prix de Trilorale est libre et varie selon la clinique vétérinaire ou la pharmacie qui le délivre. À titre indicatif, les prix TTC se situent autour de 65 € pour le flacon de 30 mL à 10 mg/mL, 84 € pour le flacon de 10 mL à 50 mg/mL et 114 € pour le flacon de 25 mL à 50 mg/mL ; le coût mensuel dépend surtout du poids du chien et de la dose prescrite : votre vétérinaire ou votre pharmacien peut vous l’estimer. Exemple pour un petit chien de 5 kg équilibré à la dose de 2 mg/kg soit 10 mg/jour, il recevra 1 mL dosé à 10mg/mL, soit un coût quotidien selon le distributeur de 2,16 €. Le médicament peut être délivré par le vétérinaire ou par une pharmacie, sur présentation de l’ordonnance.
Cas clinique chien Cushing :

Bilou est un chien Bouledogue français de 8 ans, il boit beaucoup et une alopécie sur les flancs est remarquée lors de la consultation vaccinale annuelle. Le vétérinaire propose la réalisation d’analyses sanguines. Le propriétaire accepte et sans surprise son taux de cortisol s’avère trop élevé. On suspecte une maladie de Cushing ou hypercorticisme. Un scanner est proposé pour investiguer la glande hypophysaire et les surrénales. Au scanner un microadénome hypophysaire est mis en évidence ainsi qu’une augmentation modérée de taille des deux surrénales. Bilou prenant très mal les comprimés et les gélules, le vétérinaire le met sous Trilorale
Une fois le traitement médical mis en place avec des contrôles réguliers, Bilou boit nettement moins, ses poils repoussent sur ses flancs et il se porte mieux !
Avis vétérinaire Zepetcoach sur Trilorale
Mes clients dont le chien est atteint d’une maladie de Cushing ont tous des difficultés à bien mettre en oeuvre le traitement et surtout le suivi. Dans mes débuts, le trilostane était réservé aux humains et il fallait faire des préparations pour les chiens ce qui était compliqué. Aujourd’hui cette molécule est accessible en médicament vétérinaire et même en générique et reste le traitement de référence de l’hypercorticisme hypophysaire. L’intérêt de Trilorale tient à sa forme liquide : elle permet d’adapter la dose avec précision, ce qui compte particulièrement chez les petits chiens, très représentés parmi les patients Cushing, et lors des phases d’ajustement. Elle facilite aussi la vie des propriétaires dont le chien refuse les gélules. Soigner un chien à Cushing est coûteux et sans assurance médicale c’est une charge lourde ! Aussi, l’achat du médicament peut être optimisé.
Retenez que la réussite du traitement repose toutefois moins sur le produit que sur la rigueur du suivi. Respecter les rendez-vous de contrôle, donner le médicament avec le repas et à heure fixe, et savoir reconnaître les signes d’un cortisol trop bas sont les trois clés d’un traitement sûr. Bien équilibré, un chien atteint de Cushing peut retrouver une excellente qualité de vie pendant plusieurs années. Reste le problème du coût !
Philippe Obadia vétérinaire
FAQ sur Trilorale et la maladie de Cushing chez le chien
Combien de temps faut-il pour que Trilorale fasse effet chez le chien ?
Les premiers effets apparaissent généralement en une à deux semaines : le chien boit et urine moins, et son appétit se régule. L’amélioration de la peau, la repousse du poil et la reprise de masse musculaire demandent plus de temps, souvent trois à six mois. Le délai varie selon le chien et le temps nécessaire pour trouver la dose adaptée.
Quelle est l’espérance de vie d’un chien atteint de Cushing sous traitement ?
Un chien atteint de maladie de Cushing d’origine hypophysaire et bien contrôlé par le trilostane vit en moyenne deux à trois ans après le diagnostic, et parfois bien davantage. Cette durée dépend surtout de l’âge au moment du diagnostic, des maladies associées et de la régularité du suivi. Sans traitement, les complications (infections, diabète, hypertension, thromboses) réduisent la durée et la qualité de vie.
Que faire si j’oublie de donner une dose de Trilorale ?
Ne doublez jamais la dose suivante pour compenser. Reprenez simplement le traitement à l’heure habituelle, avec le repas. Un oubli ponctuel n’a pas de conséquence grave, mais des oublis répétés fragilisent le contrôle de la maladie. En cas de doute, demandez conseil à votre vétérinaire.
Trilorale peut-il être remplacé par des gélules de trilostane ?
Oui, le trilostane existe aussi en gélules, et le vétérinaire peut passer d’une forme à l’autre. Ce changement doit cependant toujours être décidé par lui, car il s’accompagne d’un contrôle biologique pour vérifier que la dose reste adaptée. Ne remplacez jamais un produit par l’autre de votre propre initiative.
Faut-il un régime alimentaire particulier pour un chien traité contre le Cushing ?
Il n’existe pas de régime obligatoire, mais une alimentation adaptée au chien senior, modérée en matières grasses et riche en protéines de qualité, aide à reconstituer la masse musculaire. Laissez toujours de l’eau fraîche à disposition et ne restreignez pas la boisson, même si votre chien boit beaucoup au début du traitement. L’essentiel reste de donner Trilorale au moment du repas pour une bonne absorption.