Quelle prévention antiparasitaire lors de l’adoption d’un chiot ou d’un chaton ?

Philippe Obadia

Adopter un chiot ou un chaton est un moment rempli d’émotion et de générosité. Mais derrière ces débuts joyeux peut se cacher une menace invisible : le polyparasitisme. Zepetcoach vous dit tout pour surmonter cette menace !

Pour une adoption réussie, la prévention antiparasitaire est indispensable
Pour une adoption réussie, la prévention antiparasitaire est indispensable

Protéger dès les premiers jours : les bons gestes à connaître


Polyparasitisme, ce terme désigne la présence simultanée de plusieurs parasites internes et/ou externes, souvent retrouvés chez les animaux d’origine inconnue, de la rue, d’un refuge ou d’un élevage peu fiable.

Même si ces jeunes animaux semblent en bonne santé, il est très fréquent qu’ils soient porteurs de puces, de vers digestifs, voire de parasites plus graves comme la gale (du corps ou des oreilles), parfois sans symptôme visible. Et cela peut rapidement devenir un problème : pour leur santé, celle de leurs congénères… et la vôtre.

Heureusement, il existe des solutions simples, efficaces et accessibles sans ordonnance pour mettre en place un protocole de prévention rigoureux dès l’adoption. Voici comment faire.

Pourquoi un animal adopté est-il plus à risque ?

Les parasites internes : plus sournois qu’ils n’en ont l’air

Chez les chiots et chatons, certains vers sont quasiment systématiques, notamment :

  • Les ascaris et ankylostomes (vers ronds), transmis dès la gestation ou via le lait maternel.
  • Les ténias comme Dipylidium caninum, transmis via les puces avalées en se léchant.
  • Giardia ou les coccidies : des protozoaires responsables de diarrhées fréquentes.
  • Plus rarement, des vers pulmonaires comme Angiostrongylus chez le chien ou Aelurostrongylus chez le chat peuvent s’installer et passer inaperçus.

Ces parasites affectent la croissance, l’immunité et la digestion… et certains comme les ascaris sont transmissibles à l’humain, en particulier les enfants.

Les parasites externes : visibles… mais souvent déjà installés

  • Puces : provoquent démangeaisons, lésions, allergies, et transmettent des vers.
  • Tiques : responsables de maladies graves comme la piroplasmose, selon la région.
  • Gales (corps ou oreilles), poux, cheylétielles : très fréquents en refuge ou collectivité.

Même si l’on vous dit que l’animal a été “traité”, mieux vaut recommencer proprement avec un protocole clair, car les réinfestations sont fréquentes.

Le protocole de prévention recommandé

Les recommandations de l’ESCCAP (groupe européen de référence en parasitologie vétérinaire) sont simples et adaptées aux animaux nouvellement adoptés.

1. Vermifuger systématiquement à l’adoption

Quel que soit l’âge, la provenance ou l’apparente bonne santé de l’animal :

Un vermifuge complet doit être administré dès l’arrivée dans le nouveau foyer.

Pourquoi ? Parce qu’il n’y a aucun moyen fiable de savoir quand a eu lieu le dernier traitement, ni s’il était adapté.

2. Faire un rappel obligatoire 15 jours plus tard

La majorité des produits éliminent les vers adultes, mais pas les formes larvaires. Ces dernières continuent leur cycle… et réinfectent l’animal.

Le rappel à 15 jours est donc essentiel.

3. Adapter la fréquence ensuite

Demandes conseil à un pharmacien ou un vétérinaire lors de la consultation vaccinale, en entretien :

  • Mensuel : pour les chiots ou les chatons jusqu’à la fin de la croissance (6 à 12 mois) et les adultes si l’animal a accès à l’extérieur, au jardin, ou côtoie d’autres animaux.
  • Trimestriel : si l’animal vit exclusivement en intérieur.

4. Associer antipuce + vermifuge

Un vermifuge seul n’est pas suffisant si l’animal a des puces.
Les puces peuvent transmettre Dipylidium, un ténia intestinal. Il faut donc :

  • Traiter contre les puces dès le départ
  • Et refaire une application 15 jours plus tard si besoin

5. Soigner l’hygiène de l’environnement

  • Nettoyer les couchages, tapis, canapés
  • Aspirer régulièrement
  • Ramasser les selles, se laver les mains (surtout avec les enfants)
  • Désinfecter en cas de diarrhée ou suspicion de Giardia

Quels produits utiliser sans ordonnance ?

Heureusement, l’essentiel des parasites courants peut être éliminé avec des traitements disponibles en pharmacie, sans ordonnance.

1. Vermifuges internes

Associations classiques :

  • Milbémycine oxime + praziquantel : large spectre, y compris vers du cœur
  • Pyrantel + praziquantel ± fébantel : très courant chez les chiens
  • Fenbendazole : utile contre Giardia

Exemples de marques :

  • Milbemax, Milbetel, Milprazikan, Verkill…
  • Drontal, Strantel, Ascatryl trio, Voxical, Frontcontrol Wormer…
  • Soluverm
  • Panacur 250

Conseil pratique :

  • Bien respecter la posologie selon le poids
  • Répéter à J+15, puis selon le rythme adapté au mode de vie de l’animal

2. Antiparasitaires externes

Comprimés :

  • Capstar : tue les puces en quelques heures. Idéal en cas d’infestation massive
  • Adtab, Frontpro : action d’un mois

Pipettes :

  • Frontline
  • Fiprokil, Fiprotech, Fiprodog, Fiprocat…

Durée : 3 à 5 semaines selon les produits

Colliers : Seresto et ses génériques comme Octoprotect, Prevexto… Canishield

  • Très pratiques : action longue durée (jusqu’à 5-8 mois)
  • Recommandés si l’animal vit en extérieur

Sprays :

  • Souvent à base de fipronil
  • Idéal pour les jeunes chiots ou chatons, ou en complément ponctuel

Rappel important :

  • Ne jamais utiliser un antiparasitaire pour chien sur un chat (risque toxique)
  • Vérifier le poids minimum et l’âge minimum indiqué sur le produit

Conseils pratiques et erreurs à éviter

  • Ne jamais oublier le rappel à 15 jours
  • Programmer les traitements sur un calendrier ou une application
  • Sensibiliser toute la famille, surtout les enfants, à l’hygiène autour des animaux
  • Éviter les produits sans traçabilité achetés en ligne
  • Ne pas utiliser les produits chiens sur les chats, même si le poids est similaire

Le suivi vétérinaire : quand consulter ?

Même avec des produits sans ordonnance, certaines situations justifient une consultation :

  • Animal très amaigri, diarrhée persistante
  • Toux, essoufflement (suspicion de vers pulmonaires)
  • Fortes démangeaisons, pelage terne, lésions cutanées
  • Si l’animal a été trouvé en très mauvais état
  • Suspicion de gale du corps ou de gale des oreilles

Le rôle du pharmacien

C’est souvent le premier point de contact post-adoption. Il va vous indiquer :

  • Les bons produits
  • Le protocole complet avec rappel
  • Les bonnes pratiques d’hygiène

… La pharmacie est un acteur majeur dans la prévention santé de l’animal et de sa famille.

Astuce : organiser son “kit de départ”

Si l’animal provient d’un organisme officiel, demandez un kit antiparasitaire spécial adoption :

  • Un vermifuge adapté
  • Un antipuce (pipette ou comprimé)
  • Une fiche mémo avec calendrier de traitement
  • Une notice d’hygiène post-adoption

Avis vétérinaire Zepetcoach – l’adoption responsable chiot/chaton commence par la prévention

Adopter un animal, c’est aussi s’engager à protéger sa santé. Les parasites internes et externes sont une menace invisible mais fréquente chez les jeunes animaux d’origine inconnue.

Avec quelques gestes simples :

  • Une vermifugation systématique à l’arrivée
  • Un rappel à 15 jours
  • Un traitement antipuce simultané
  • De bonnes pratiques d’hygiène

… vous sécurisez votre nouveau compagnon et toute la famille.

Prenez les devants !

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